Il existe deux sortent de Français à l'étranger : ceux pour qui tout ce qui est en dehors de la France s'appelle la Nouvelle-France, et ceux à qui cette première conception du monde fait honte. Je suis dans le deuxième cas en général et  en particulier au Québec, où les gens font preuve d'un savoir-vivre plus qu'appréciable.
Vous imaginez alors ma joie quand j'en viens à croiser un de ces mauvais géographes pour qui le monde est le prolongement de la France.
Un bel exemple qui remonte aux vacances de Noël, dans la gare routière, blindée pour l'occasion. Un Français se pointe au guichet des consignes et demande à reprendre sa valise. L'employé lui demande son ticket. Le gars répond qu'il ne l'a pas parce que ce n'est pas lui qui a posé sa valise. L'employé, plein de bon sens, lui demande alors le nom du gars qui a posé sa valise. Le Français répond "Anthony". Plein de patience, l'employé lui demande le nom de la personne, en plus du prénom. Le Français répond qu'il ne sait pas parce qu'il ne connaît pas bien la personne qui a déposée sa valise... Bref, le monsieur lui dit qu'il ne peut pas lui donner la valise sans le ticket et sans avoir l'assurance que c'est bien la sienne. Avec beaucoup de classe, le français s'exclame : "Mais putain, je vous dis que c'est ma valise !". Tous les gens se retournent vers lui, interloqués par la performance. Chapeau !
Un deuxième exemple à l'université. La prof nous demande de nous mettre par groupes de 5/6 et de discuter sur un article. Une étudiante québecoise commence à donner son avis avec le ménagement et le tact qu'on connaît ici. Ni une ni deux, une étudiante française l'interrompt presque et débite son point de vue de façon aussi offensive que catégorique, devant le groupe un peu perplexe. Son intervention se termine sur un long blanc, les québecois ne sachant pas trop qu'en faire. Elle ne pensait pas à mal. Elle a juste appliqué les consignes....à la française.
Un dernier exemple plus récent, sur le quai du métro, où deux Français ont débarqués en grande pompe. Je les ai reconnus non pas à l'accent mais à l'orgueil. Ca ressemblait à peu près à ça : "Ouais mais de toute façon si elle me fait pas 20% encore et ben j'achète rien. Je vais pas lui filer ma paie non plus. Je lui demande en entrant et si c'est non, je me casse". C'est justement ce que j'allais leur suggérer... Parce qu'à mon sens, si on n'est pas content d'être là où on est, on a toujours l'occasion de s'en aller. Le métro est arrivé, j'ai regardé dans quel wagon ils montaient et j'ai pris celui d'à côté.

Bref, le problème de certains Français à l'étranger, c'est qu'ils sont français. Or de toute évidence, ici ce n'est pas la France, ni dans la façon de penser, ni dans l'attitude qui en découle, ni dans la manière de l'exprimer... Des subtilités qui demandent d'autant plus d'ouverture et d'humilité, alors que c'est précisément ce qui fait défaut dans les exemples ci-dessus. Qu'on ne se méprenne pas, je ne demande pas à ces Français là de s'adapter. Mais je leur demande simplement de rester en France. Qu'on laisse l'étranger aux français qui l'apprécient !